Et puis, il y a eu le 13 novembre, le vendredi noir…

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Le « Black Friday » comme l’avait appelé les médecins en grève ce jour là… Un nom venu nommé un bien triste vendredi, un vendredi 13, LE VENDREDI 13 NOVEMBRE 2015.

Le match de foot, pas très passionnant. Morphée m’appelle tôt. Je vois cette première mi-temps, mais je n’entends pas les détonations ou du moins je n’y prête pas attention. Je m’endors, il est tôt.

J’ouvre une oreille, ma fille rumine. Mon chéri me parle de choses graves, la télé est encore allumée. Il est tard (ou tôt…). Je ne capte pas, je ne capte rien. Je suis si bien dans mon sommeil, pour une fois. Moi, qui dors si bien alors que là bas, à Paris, des gens souffrent, sont partis loin. Des familles hurlent leur douleur. Des balles ont sifflé, de longues minutes, encore et encore, ici et là.

Ils avaient décidé de sortir, de s’attabler, d’écouter de la musique. D’être des gens comme les autres. Un vendredi comme les autres. J’entends les rires des gens, l’ivresse de certains, le bruit des verres qui trinquent, les gens qui chantent et dansent en écoutant leur groupe favoris… Qu’avaient-ils fait de si mal pour que la mort les fauche ? Rien. Rien.

Quand le petit matin a pris le relais de cette nuit terrible, j’ai peur. Je suis horrifiée de ces images qui tournent en boucle, partout. Je comprends que mon sommeil ne sera plus aussi serein. Tout le monde a été touché, tout le monde. Il y a une semaine, c’est nous (oui NOUS) qui étions en terrasse à Paris. Ca aurait pu être nous, avec ma bébé… Ma bébé. Comment puis-je imaginer que l’on puisse lui faire du mal ? Quel monde lui offre t-on, à elle, à ses copains ? J’ai honte de cette humanité qui ne l’est pas. 

La haine m’envahit. Je n’ai de mots pour faire parler mon coeur. Il se tait, il pleure. Sa minute de silence dure depuis cette tragédie. Je veux vivre, je veux leur dire que l’on ne se taira pas. Que notre monde n’est pas le leur. Que le Coran n’est pas leur livre, qu’Allah n’est pas leur Dieu. Nous sommes unis, nous, Français. Nous sommes ce que tu n’es pas, nous sommes heureux. Nous sommes ce que tu ne seras jamais, nous sommes l’humanité. Oui, tu as pris la vie de nos compatriotes, comme un lâche, au nom de je-ne-sais-quoi qui n’a pas de sens. Oui, ça n’a pas de sens. Non, tu ne gagneras pas. J’ai peur, mais pas de toi, peur de mourir en martyre. Oui, sache le, le martyre ce n’est pas toi. Ce ne le sera jamais. Tu n’es rien. Tu es ce que je ne nommerai pas. Tu n’es que celui qui cherche des prétextes à ta barbarie. Laisse les musulmans du monde en paix, laisse nous vivre ensemble. Tu déclares la guerre au monde mais tu ne gagneras pas. Non, tu ne gagneras pas. La terreur et la violence n’est qu’une réponse à une incapacité d’exister par toi même.

J’ai une tendre pensée, celle qui ne changera pas les choses, pour les 129 victimes parties illuminer le ciel, pour leur famille, leurs amis. Des ondes pour les blessées, pour que les blessures physiques s’estompent. Que les blessures morales ne les empêchent plus d’être heureux. A toi, qui aurait pu être là, à toi qui pense à eux. A toi, qui tente d’expliquer à ton enfant pourquoi le monde dans lequel il vit est gangrené. A toi, qui a versé une larme pendant l’émouvante minute de silence, à toi tout simplement qui donne de la voix à ce cri à l’unissons. A toutes ses lumières allumées. Que cette union ne s’estompe pas. Nous sommes ensemble, qu’importe notre religion, notre culture. Ma France est ce pays où l’on vit ensemble, on l’on grandit dans la pluralité. Cette France qui est mienne. Cette France que tu n’auras pas. Je suis Paris, toi tu es rien, tel Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom de Harry Potter. Non pas que j’ai peur de le dire, mais parce que tu n’es rien. Tu ne mérites pas d’égard, pas de nom, pas d’exister au travers de l’horreur que tu sèmes.

Je suis ce que tu détestes et je le serai toujours. Je suis Française, citoyenne du monde, ambassadrice de la paix.

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Ils

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